1882-2012 : 130 ans aux côtés des sapeurs-pompiers !

A l'occasion de ses 130 années d'existence, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France vous invite à (re)découvrir les concepts et moments clés qui l'ont façonnée, et font d'elle aujourd'hui encore le socle toujours plus vivant pour tous les sapeurs-pompiers. Chaque jour de la semaine, un fait marquant de son histoire vous est proposé.

mardi 19 juin 2012

[ LA FOURRAGÈRE, L'HONNEUR DES SAPEURS-POMPIERS ]



Le nom de fourragère vient du nom des cordelettes à fourrage que portaient autour de l’épaule les dragons autrichiens au XVIIIe siècle. Employée par Napoléon Ier pour distinguer les hussards des artilleurs, elle ne fut introduite dans l’armée française, à titre honorifique qu’à partir de 1916. Elle était accordée aux soldats des régiments dont les drapeaux avaient été décorés pour faits de guerre. Elles étaient à la couleur de la médaille discernée.

La fourragère est une cordelette tressée comportant un trèfle à l’une des extrémités et un ferret à l’autre ainsi qu’une olive au-dessus du ferret avec les dates gravées, pour laquelle elle a été accordée. Elle se porte sur l’épaule gauche, plus rarement en bataille accrochée au premier bouton du plastron.


Chez lez sapeurs-pompiers la fourragère tricolore a été réglementée en 1947 et son port est autorisé aux sapeurs-pompiers actifs des unités dont les drapeaux ont été décorés de la médaille argent de courage et dévouement. Beaucoup de corps communaux de sapeurs-pompiers ont obtenu cette médaille, à la suite du comportement héroïque de leurs hommes pendant la guerre de 39-45 qui a valu d’ailleurs à la Fédération une Citation à l’Ordre de la Nation. Cette fourragère était terminée par un ferret argenté avec une olive comportant les dates 39-45.

Par la suite, il y eut de nombreux corps départementaux dont les drapeaux  furent décorés de la médaille de courage et dévouement, à la suite de missions longues et difficiles (tempêtes, inondations etc.) mobilisant la totalité de leurs effectifs. Les pompiers actifs de ces unités ont droit à porter la fourragère tricolore, uniquement. Quand ils mutent ou partent à la retraite, ils ne peuvent plus la porter. En revanche si le sapeur-pompier fait partie de ceux qui sont cités dans l’arrêté nominatif du préfet, pour avoir participé aux missions ayant été distinguées pour la décoration discernée au drapeau du corps, il a alors le droit de porter la fourragère à titre individuel, y compris après une mutation ou un départ à la retraite.

Quand on aura dit tout ça, on n’aura guère transcris que ce que l’on trouve dans Wikipédia ou dans tout bon règlement du port de l’uniforme des sapeurs-pompiers en France. On aura traité, une nouvelle fois, ceux qui librement s’engagent au service de la Nation, avec une parfaite condescendance technocratique. En effet la France des Sapeurs-Pompiers, ces petites gens engagées à assumer une tâche immense sauver, secourir  les autres, les aider dans leur détresse à préserver leurs biens, s’expriment, sans détours,  dans les cours des casernes, au cul du fourgon, à l’assemblée générale de l’amicale de l’union et de la Fédération, dans les commissions auxquelles  les actifs et les anciens participent. Il faut les écouter et les entendre. Les sapeurs-pompiers aiment leur uniforme et sont très, très  fiers de leurs décorations (ça aussi on porte toutes les médailles d’ancienneté et pas uniquement celle du métal le plus élevé comme le précise le règlement !) et de leur fourragère. Ils ne comprennent pas pourquoi celle-ci leur est retirée à leur départ à la retraite ou pourquoi certains (et rares) grands chefs ne la  leur donnent pas quand le corps l’obtient, alors qu’ils sont honoraires.

Nos militaires, nos préfets, nos énarques et nos colonels de sapeurs-pompiers ont toujours mésestimé la force extraordinaire du sentiment d’appartenance des pompiers à leur unité. Et le premier attribut de cette appartenance est l’uniforme avec la fourragère car elle est portée par tous ceux qui sont les forces vives du corps : les actifs mais aussi les honoraires  qui font toujours, et jusqu’à la fin de leur vie, partie de la grande  famille des sapeurs-pompiers et ils payent  de leur personne dans des tâches logistiques, associatives, sociales. On ne naît pas Pompier, mais on meurt Pompier et on se fait très souvent enterré vêtu de l’uniforme défraichi que l’on a eu droit de garder et de porter quand on est devenu honoraire... et la fourragère !

Et puis quand on est honoraire, on est libre et on se moque des réflexions du colon ou de l’officier imbu de ses règlements .On porte la fourragère avec fierté et peu importe le reste. N’est-ce point  à la pratique quotidienne des valeurs immarcescibles d’Universalité et d’Egalité des secours distribués au nom  de la France éternelle que les pompiers ont appris que toutes les lois, les règlements ont une limite, celle exprimée unanimement par le groupe lui-même ?  Quand elle est sage, ne lèse personne et rend aussi fière les Hommes,  respecter cette règle immanente se nomme de l’Humanisme!  

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