1882-2012 : 130 ans aux côtés des sapeurs-pompiers !

A l'occasion de ses 130 années d'existence, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France vous invite à (re)découvrir les concepts et moments clés qui l'ont façonnée, et font d'elle aujourd'hui encore le socle toujours plus vivant pour tous les sapeurs-pompiers. Chaque jour de la semaine, un fait marquant de son histoire vous est proposé.

vendredi 13 avril 2012

[LE PETIT CHAT DANS L'ARBRE]


Le petit chat dans l'arbre, une source inépuisable d’anecdotes pour les pompiers !

Une dame, à la voix revêche, a appelé le 18 : son chat est monté en haut d’un arbre et ne veut plus en  descendre depuis trois jours au moins. Il faut venir avec la grande échelle pour le récupérer.
Le jeune pompier qui a pris l’appel au Centre de traitement de l’alerte ne sait pas qu’il est impossible de récupérer un chat en haut d’un arbre. Le chef de garde chevronné qui a reçu la dépêche est bien ennuyé. Il sait, lui, que les chats descendent tout seuls des arbres... quand ils ont faim. Avez-vous déjà vu des chats desséchés morts de faim, en haut d’un arbre, dit-il à ses jeunes équipiers ? Il ne veut faire partir aucun secours, mais les ordres du CTA sont des ordres et il faut les respecter. Alors, il envoie une voiture de reconnaissance.

La dame à la voix revêche est là quand le sous-officier arrive. Elle ne comprend pas la dame. Elle a demandé une grande échelle et on lui a envoyé une petite voiture. Pourtant elle paye les pompiers, la dame, comme tous les français. Elle a donné cinq euros « au calendrier  » l’autre jour quand ils sont passés. Alors, quand elle demande, elle estime qu'elle doit être servie. « Tenez ses voisins, lui il est au chômage et boit comme « un trou » toute la journée, elle, elle ne se lève jamais avant dix heures du matin. Les enfants sont d’un « mal élevé »... Et bien chez eux on y vient toutes les semaines, pour transporter le petit malade à l’hôpital, comme si c’était notre métier, ou éponger l’appartement parce que madame n’a pas fait attention au tuyau de vidange qui s’est détaché et a inondé l’appartement...   »

L’arbre est splendide, de plus de quinze mètres de haut, et le chat juché sur une des plus hautes branches miaule comme pour se moquer du monde. Il miaule toute la nuit aussi, le chat, il a faim bien sûr et il l’empêche de dormir, la dame. Oui, elle a mis une jarre de lait au pied de l’arbre. Oui elle est vide le matin, mais elle sait que ce n’est pas son chat qui est descendu boire le lait, car son chat il est effrayé et il ne peut plus descendre. D’ailleurs, il a le vertige son chat. Il va tomber. Il faut faire quelque chose. Si on ne le fait pas, elle a le bras long la dame, elle connait le correspondant local du quotidien qui est lu ici, et puis c’est une amie personnelle du maire et son fils travaille à la sous-préfecture. Alors les pompiers, ils vont voir de quel bois elle se chauffe la dame.

Justement, ils sont gentils et patients les deux pompiers. Ils vont faire venir la grande échelle. Qu’elle ne s’inquiète pas la dame, ils vont le récupérer le chat avant qu’il ne soit mort de faim…  L’échelier a mis son échelle en station dans la rue. Les deux équipiers sont montés dans la nacelle. Mais elle est grande la frondaison de l’arbre et le chat saute beaucoup plus vite que la nacelle ne se déplace. C’est un échec. On reploie l’échelle. Elle est furieuse la dame. Elle demande à voir un chef, un gradé, pour se plaindre de l’incurie des pompiers. Le sous-officier chef d’agrès appelle le CODIS à la radio et demande sur place l’officier de permanence.

Un jeune lieutenant arrive dans sa VL (Véhicule de liaison) de service.  Lui, il sait faire. C’est un pro. Il  vient de passer huit mois à l’Ecole Nationale des Officiers de Sapeurs-Pompiers à Aix. On lui a tout appris là-bas  et il sait tout. Ses collègues le regardent d’un air goguenard, quand d’un air pénétré l’officier qui a promis à la dame qu’il allait récupérer le chat-  pensez il a son GOC 3 (aptitude au commandement opérationnel)  -  a une IM (idée de manœuvre). Il demande un FPT (fourgon pompe tonne) et fait établir une LDV de 500 (lance à débit variable à débit maximal de 500l par minute). Le chat est ajusté au bout du jet d’eau et dans un miaulement sauvage tombe jusqu’à terre et va se terrer sous un bosquet. La dame est furieuse. Elle va porter plainte auprès de la SPA.  Et si son chat est blessé, elle n’ose envisager le pire, ce sera le procureur, avec qui elle partage le même jardinier. C’est tout dire. Il est ennuyé le jeune lieutenant. Il va falloir qu’il s’applique à faire son  rapport pour le colonel, là-bas au SDIS (service départemental d’incendie et de secours). Ils se sont bien amusés ses collègues, surtout celui qui tenait la lance. Il va y avoir de quoi rire autour du café tout à l’heure ! Pompier c’est quand-même chouette !

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